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Arthrose des doigts : Diagnostic et traitements

L’arthrose des doigts cause des douleurs, des déformations ainsi qu’un enraidissement des doigts. S’ils ne permettent pas une guérison complète, il existe des traitements médicaux et chirurgicaux - souvent méconnus - qui améliorent ou stabilisent les conséquences fonctionnelles et esthétiques de l’arthrose des doigts.

 Arthrose des doigts : Diagnostic et chirurgie à Paris
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Qu’est-ce que l’arthrose des doigts ?

L’arthrose des doigts est une affection fréquente, touchant en particulier les femmes. Elle est à la source de douleurs, de déformations et d’enraidissement aux conséquences fonctionnelles et esthétiques souvent importantes.

Nous n’aborderons pas sur cette page l’arthrose touchant la base du pouce (ou rhizarthrose) qui touche l'articulation trapézo-métacarpienne, traité dans une autre fiche d'information.

Les conséquences de cette arthrose des doigts pour le patient ainsi que ses possibilités de traitement, sont souvent négligées par le corps médical, ce qui accentue d’autant plus l’anxiété de celle ou celui qui en est atteint.

L’arthrose des doigts se développe progressivement, avec un début plus ou moins précoce selon les patients. Elle peut toucher une seule ou plusieurs articulations, sur un doigt isolé comme sur plusieurs doigts des 2 mains. Il n’y a pas de règle !

Causes de l’arthrose des doigts

L’origine de l’arthrose est méconnue et multifactorielle, une cause génétique est fortement probable. Il est fréquent dans certaines familles que l’arthrose des doigts se « transmette » de mère en fille.

D’autres facteurs peuvent aussi entrer en compte, comme les traumatismes, les séquelles de fracture. Des maladies inflammatoires comme la polyarthrite peuvent également être un facteur.

Certaines maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde ou la goutte peuvent aussi entrainer des formes d’arthrose.

Le mécanisme de l’arthrose

L’arthrose est la destruction du cartilage qui recouvre l’extrémité de chaque phalange osseuse au niveau de l’articulation.

Le cartilage permet à chaque surface osseuse de glisser l’une par rapport au niveau de l’articulation lors du mouvement, en répartissant également les contraintes mécaniques.

Anatomie des articulations concernées par l'arthrose des doigts

L’articulation est aussi constituée par des ligaments qui attachent les 2 phalanges entre elles, et est entourée d’une capsule recouverte par une membrane produisant le liquide synovial, à l’intérieur de l’articulation. Ce sont tous ces éléments qui sont altérés dans le mécanisme de l’arthrose.

On distingue ainsi l’arthrose classique, liée au vieillissement, de l’arthrose post-traumatique, conséquence d’une lésion mécanique de l’articulation, après un ou plusieurs chocs répétés. Cette dernière entraine ensuite une usure progressive de ce cartilage articulaire.

Au niveau du doigt, on distingue 3 articulations, que l’on nomme en allant du poignet vers le bout du doigt :

  • articulation métacarpo-phalangienne,
  • articulation interphalangienne proximale,
  • articulation interphalangienne distale.

Ce sont ces 2 dernières articulations qui sont les plus fréquemment atteintes par une arthrose des doigts. Le traitement sera différent en fonction des articulations touchées.

Diagnostic de l’arthrose des doigts

L’évolution de l’arthrose des doigts est généralement progressive. Une ou plusieurs articulations des doigts commencent à gonfler et à être douloureuses. Au début, les douleurs ne sont pas toujours constantes. Elles peuvent évoluer par poussées inflammatoires.

Une déformation apparaît progressivement. On observe souvent des « bosses » sur le dessus et le côté de l’articulation, au niveau de l’articulation interphalangienne distale (celle proche de l’ongle). On appelle ses bosses des « nodules d’Herberden ».

L’articulation interphalangienne proximale peut également de déformer. Les « bosses » sont dans ce cas dénommées « nodosités de Bouchard »

Un enraidissement de l’articulation s’installe également progressivement, avec parfois une déformation axiale. On dit que le doigt « part sur le côté ».

D’autres pathologies peuvent être associées à une arthrose des doigts. Il peut s’agir de l’apparition d’un kyste mucoïde, d'un syndrome du canal carpien ou d’une ténosynite.

La radiographie est l’examen de base et permet de faire le diagnostic et d’évaluer l’importance des lésions.

Un scanner ou une IRM complémentaire peuvent parfois être également être demandés.

Diagnostic par radio à Paris de l'arthrose des doigts

Traitements de l’arthrose des doigts

Le traitement peut être médical ou chirurgical, en fonction du degré d’évolution de l’arthrose, du retentissement fonctionnel, douloureux et esthétique, et du souhait du patient.

Aucun traitement n’est obligatoire dans la prise en charge d’une pathologie comme l’arthrose, qui reste fonctionnelle. Aucun traitement ne permettra une guérison complète de l’arthrose. Par contre, et bien qu’elles restent mal connues, plusieurs possibilités existent pour améliorer ou stabiliser les effets de cette arthrose.

Le traitement médical

  • Antalgiques, anti-inflammatoires, immobilisation par attelle peuvent être utiles durant les crises douloureuses
  • Certains médicaments prescrits par les rhumatologues sont proposés pour ralentir l’évolution de l’arthrose
  • Des infiltrations de corticoïdes peuvent également être prescrites en cas de crise douloureuse.
  • Des injections de PRP, c’est-à-dire de facteurs de croissance prélevés sur le sang du patient, sont également de plus en plus proposées, en fonction du stade évolutif, sans cependant en attendre un résultat constant.

Le traitement chirurgical : quand faut-il l’envisager ?

Une intervention chirurgicale peut être envisagée en cas d’échec des solutions médicales. Elle peut être envisagée d’emblée dans les formes d’arthrose évoluée et invalidante pour le patient.

La douleur, l’enraidissement, la déformation, le préjudice esthétique sont les principales motivations pour envisager une intervention.

Plusieurs interventions peuvent être proposées, elles ne permettent pas de véritablement guérir l’arthrose et de retrouver un doigt complètement normal, mais elles peuvent bien améliorer la fonction, la douleur et l’aspect esthétique de la main.

En fonction du stade de la maladie et du type de résultat attendu, 3 types d’opération peuvent être envisagées pour traiter chirurgicalement l’arthrose des doigts :

Lifting chirurgical avec nettoyage articulaire

Indication

Le lifting chirurgical avec nettoyage articulaire de l’articulation est proposé dans les stades peu avancés d’une arthrose des doigts. Dans ces cas, l’articulation est encore mobile et bien axée (pas de déviation). L’arthrose entraine une déformation articulaire inesthétique et douloureuse. La plupart du temps, la déformation est associée la plupart du temps à des bosses sur le dessus de l’articulation (nodules d’Herberden).

Principe de l'opération

L’opération consiste à réaliser une excision des excroissances osseuses au travers de 2 courtes incisions. Ensuite, un nettoyage articulaire ainsi qu’une retente de la peau sont réalisés. Une injection articulaire de PRP (facteurs de croissance) est généralement réalisée dans le même temps opératoire.

Résultat d'un lifting avec nettoyage articulaire

Le résultat ne s’apprécie qu’au bout de plusieurs mois. L’articulation peut rester gonflée les premières semaines, avec ensuite une nette amélioration de l’aspect esthétique et des douleurs.

En revanche, l’arthrose ne peut pas être considérée comme guérie. Cela n’est pas possible avec cette technique. L’arthrose des doigts peut continuer à évoluer plus ou moins rapidement selon les patients.

Dans certaines formes avancées touchant l’articulation interphalangienne distale (au bout du doigt), il peut exister une légère flexion du doigt liée à la détente du tendon extenseur.

Le risque principal de l’intervention reste la possibilité d’amélioration insuffisante par rapport à l’attente du patient.

En résumé

  • Anesthésie : Régionale
  • Hospitalisation : Ambulatoire (pas de nuit à la clinique)
  • Immobilisation : attelle et pansement sur le doigt 2 semaines environ
  • Rééducation : autorééducation par le patient, le doigt peut être utilisé pour les gestes de la vie courante dès 2 semaines après l’intervention

Arthrodèse

Indication de l'arthrodèse pour traiter l'arthrose des doigts

L’arthrodèse est une opération qui consiste à bloquer l’articulation en position droite.

Cette intervention est généralement proposée dans les cas les plus avancés d'arthrose des doigts où l’articulation est déjà très enraidie. Dans la grande majorité des cas, l’opération concerne uniquement l’articulation interphalangienne distale (c’est-à-dire l’articulation située au bout du doigt).

En faisant fusionner les 2 phalanges osseuses, cette technique permet de supprimer les douleurs et d’améliorer l’aspect esthétique des doigts. En effet, cette intervention permet d’obtenir un doigt droit, affiné en enlevant les bosses et déformations articulaires.

Il faut considérer que cette amélioration se fait au prix d’une perte de la mobilité de la dernière phalange.

En pratique, la fonction du doigt est nettement améliorée avec une meilleure prise. À ce stade, la force et l’absence de douleur sont préférables à la mobilité résiduelle de la dernière phalange.

Déroulement de l’opération

Une courte incision est réalisée sur le dessus de l’articulation. L’articulation est bloquée une fois le cartilage articulaire détruit par l’arthrose ainsi que les excroissances osseuses sont éliminées.

Pour bloquer l’articulation, on utilise généralement par des broches, jusqu’à ce que les 2 phalanges osseuses fusionnent. Cette fusion intervient en général 6 à 8 semaines après l’intervention, avec le port d’une attelle de protection. Les broches sont ensuite retirées.

En résumé

  • Anesthésie : Régionale
  • Hospitalisation : Ambulatoire (pas de nuit à la clinique)
  • Immobilisation : attelle et pansement sur le doigt 6 à 8 semaines environ
  • Rééducation : auto-rééducation par le patient, le doigt peut être utilisé pour les gestes de la vie courante après ablation de l’attelle, les autres doigts peuvent être utilisés immédiatement.

Prothèse articulaire

Indication à la mise en place d'une prothèse articulaire

La technique de la prothèse articulaire concerne uniquement les articulations interphalangienne proximale et métacarpo-phalangienne. La mise en place d’une prothèse est préférée sur ces articulations à l’arthrodèse, qui est fonctionnellement handicapante à ce niveau.

Cette intervention de chirurgie de l’arthrose des doigts est généralement proposée dans les arthroses avancées avec douleurs et perte de mobilité.

Déroulement de l’opération

L’opération consiste à remplacer l’articulation détruite par une prothèse. Selon les indications, cette prothèse peut-être en métal, en silicone, en pyrocarbone ou un autre matériau synthétique.

La mise en place de cette prothèse doit être réalisée avec précision. Plus l’opération est réalisée suffisamment tôt, meilleur sera son résultat.

L’objectif de cette opération est d’obtenir un doigt fonctionnel, peu ou pas douloureux, de manière durable. Il faut néanmoins considérer que les mobilités obtenues restent souvent moindres que la normale.

En résumé

  • Anesthésie : Régionale
  • Hospitalisation : Ambulatoire (pas de nuit à la clinique)
  • Immobilisation : attelle et pansement sur le doigt 2 semaines environ
  • Rééducation : autorééducation par le patient et rééducation douce par le kinésithérapeute, à débuter 2 à 3 semaines après l’intervention. Le doigt peut alors être progressivement utilisé pour les gestes de la vie courante, les autres doigts peuvent être utilisés immédiatement.

Complications possibles

Les complications en cas de chirurgie de l’arthrose des doigts sont rares. Néanmoins, l’évolution est souvent longue. Afin d’avoir les meilleurs résultats possibles, le patient doit être motivé aussi bien pour l’intervention, l’immobilisation ainsi que pour la rééducation.

Douleurs

Parfois, quelques douleurs peuvent persister à l’usage pendant plusieurs mois après l’opération, à titre séquellaire. Ces douleurs se ressentent rarement au repos.

Risques

Bien qu’ils soient rares et imprévisibles, il faut considérer qu’une intervention chirurgicale peut entrainer des risques. Ces risques sont à mettre en balance avec les bénéfices apportés par rapport à l’absence de traitement.

  • L’algoneurodystrophie est toujours possible. On ressent alors des douleurs et un enraidissement de la main de du poignet pouvant atteindre l’épaule. L’évolution de ce syndrome est souvent longue et difficile et peut laisser une limitation séquellaire de la mobilité.
  • Une arthrite septique est rare mais toujours possible. Elle sera traitée par une seconde intervention chirurgicale ou un traitement médical adapté.
  • En fonction des peaux, une cicatrisation inflammatoire est possible.
  • En cas d’arthrodèse, les 2 phalanges ont parfois du mal à consolider, ce qui donne une mobilité persistante au niveau de l’articulation. Aucun inconvénient, sauf si des douleurs persistent, une autre intervention de greffe osseuse pouvant alors être proposée.
  • En cas de mise en place d’une prothèse articulaire, il est fréquent d’observer une image radiologique de résorption osseuse, sans aucun retentissement. Les éléments prothétiques peuvent parfois casser du fait de leur petite taille, nécessitant une reprise chirurgicale.
Catégorie(s) associée(s) :main
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